Chaque fois que tu réserves un billet d’avion, en agence ou sur le site d’une compagnie, il y a de fortes chances que la réservation passe par les ordinateurs d’Amadeus. Cette entreprise espagnole, née d’une alliance de compagnies aériennes européennes, fait tourner les systèmes de réservation et d’embarquement d’une grande partie du transport aérien mondial.
Amadeus obtient 10/12 dans mon screener. C’est une infrastructure discrète mais incontournable, avec des marges élevées et un cash-flow régulier. L’action se paie pourtant environ 14 fois ses bénéfices attendus, un niveau bas pour une entreprise de cette qualité. Le PEA en détient une ligne depuis septembre.
L’essentiel en un coup d’œil
| Code | AMS (Bourse de Madrid), éligible au PEA |
| Activité | Logiciels et réseaux de réservation pour le transport aérien et l’hôtellerie |
| Chiffre d’affaires | 3,33 milliards € au premier semestre 2026 (+5 % à changes constants) |
| Capitalisation | environ 24 milliards € |
| Note qualité Compounders | 10/12 |
| Cours | 54,40 € (17/10/2026) |
| Prix juste (ma méthode) | 87 € |
| PER sur les bénéfices attendus | environ 14 |
| Révisions des analystes | 🟡 neutres |
Une alliance de compagnies aériennes
Amadeus naît en 1987, créée par Air France, Iberia, Lufthansa et SAS pour bâtir un système de réservation européen face aux géants américains. Le siège est à Madrid et le cœur informatique en Bavière. L’entreprise devient le premier réseau mondial de distribution de billets d’avion auprès des agences de voyages.
Dans les années 2000, Amadeus franchit une seconde étape : elle propose aux compagnies de gérer elles-mêmes leurs réservations, leurs inventaires et leur enregistrement sur sa plateforme Altéa. La crise du Covid fait s’effondrer le trafic en 2020, puis l’activité repart et dépasse ses niveaux d’avant la pandémie.
Comment Amadeus gagne de l’argent
Amadeus facture une petite commission à chaque opération, réservation ou passager embarqué. Son activité repose sur trois piliers :
- La distribution aérienne : le réseau qui permet aux agences de voyages de comparer et réserver les vols de toutes les compagnies. Amadeus est payé par réservation.
- Les solutions informatiques pour les compagnies : Altéa gère les réservations, l’inventaire et l’embarquement de plus de 200 compagnies. Amadeus est payé par passager embarqué.
- L’hôtellerie et les autres services : logiciels de gestion et de distribution pour les hôtels, paiements, aéroports.
| Premier semestre 2026, à changes constants | Croissance |
|---|---|
| Solutions informatiques pour les compagnies | +8,7 % |
| Hôtellerie et autres | +9,2 % |
| Distribution aérienne | +1,1 % |
Le modèle est très difficile à concurrencer : remplacer le système de réservation d’une compagnie aérienne est un chantier de plusieurs années, risqué et coûteux. Une fois installé, Amadeus reste en place pour très longtemps.
Les risques
- La distribution directe : les compagnies poussent leurs clients à réserver sur leurs propres sites, avec une nouvelle norme technique appelée NDC. Le nombre de réservations passant par les agences recule, en baisse de 7,6 % au premier semestre 2026.
- La dépendance au trafic aérien : une pandémie, une crise géopolitique ou une récession frappent directement les volumes. La situation au Moyen-Orient pèse déjà sur les réservations en 2026.
- La concurrence : Sabre et Travelport dans la distribution, et des acteurs plus spécialisés dans l’hôtellerie.
Amadeus compense en partie le recul des réservations par une hausse du revenu par réservation, en hausse de 5,1 % au premier semestre, et par la croissance de ses autres activités, moins exposées.
Pourquoi la note est de 10/12
Amadeus réussit l’essentiel des critères de mon score qualité.
| Critère | Amadeus | Points |
|---|---|---|
| ROCE (médiane 4 ans) | 18 % | 1,5/2 |
| ROE (médiane 4 ans) | 25 % | 2/2 |
| Marges brute, opérationnelle et nette | 44 %, 26 % et 20 % | 4/4 |
| Investissements en % du chiffre d’affaires | 13 % | inclus ci-dessus |
| Croissance du chiffre d’affaires | 13 % en médiane, 6 % sur un an | 1,5/2 |
| Croissance du cash-flow libre | 14 % en médiane, 2 % sur un an | 1/2 |

Les médianes sur quatre ans profitent encore du rebond d’après Covid. La croissance actuelle est plus modeste, autour de 5 % à changes constants. La dette reste maîtrisée, à une fois l’EBITDA annuel, et le cash-flow libre attendu en 2026 se situe entre 1,35 et 1,45 milliard d’euros.
Combien vaut l’action
Le prix juste selon ma méthode
Avec une note de 10/12, mon prix juste applique 22,5 fois les bénéfices attendus pour 2027, environ 3,90 € par action. Résultat : 87 €, pour un cours de 54,40 €, soit une décote de 38 %.
Le marché valorise Amadeus comme une entreprise en déclin lent, inquiet de la baisse des réservations en agence. Mon modèle la valorise comme une infrastructure de qualité qui continue de croître. La vérité se trouve sans doute entre les deux.
Trois scénarios à l’horizon fin 2028
Le point de départ est le bénéfice attendu pour 2026, environ 3,45 € par action.
| Scénario | Hypothèses | BPA 2028 | PER | Cours | Potentiel |
|---|---|---|---|---|---|
| Pessimiste | La distribution directe accélère et le trafic aérien ralentit. Le bénéfice stagne. | 3,50 € | 12 | 42 € | -23 % |
| Central | Croissance de 6 à 7 % par an, portée par les compagnies et l’hôtellerie. | 4,30 € | 17 | 73 € | +34 % |
| Optimiste | Amadeus profite de la norme NDC au lieu de la subir, l’hôtellerie décolle. | 4,70 € | 21 | 99 € | +82 % |
Le rapport entre risque et potentiel me paraît favorable, à condition d’accepter une croissance modeste.
Derniers résultats : premier semestre 2026
Publiés le 31 juillet 2026.
| Montant | Évolution sur un an | |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 3,33 milliards € | +5,1 % à changes constants |
| Résultat opérationnel ajusté | 1,01 milliard € | marge de 29,8 % |
| Bénéfice par action ajusté | +7,3 % à changes constants | |
| Réservations aériennes | -7,6 % | |
| Cash-flow libre | 472 millions € |
Un semestre contrasté : des volumes en recul, une rentabilité solide. Les réservations reculent nettement, mais le revenu par réservation progresse de 5,1 %, et les solutions pour les compagnies et l’hôtellerie grandissent d’environ 9 %. La marge a dépassé les attentes et l’action a gagné 2 % le jour des résultats.
La direction a abaissé son objectif annuel à cause de l’effet de la situation au Moyen-Orient sur le trafic, mais confirme un cash-flow libre de 1,35 à 1,45 milliard d’euros. Je surveille en priorité les réservations aériennes : une stabilisation montrerait que le recul de 2026 vient de la conjoncture plus que de la distribution directe.
Prochaine publication : début novembre 2026, pour les neuf premiers mois. Cette section sera mise à jour.
Amadeus dans mes portefeuilles
Le PEA a acheté Amadeus le 11 septembre 2026, à 54,18 € par action. La ligne est aujourd’hui stable. Le Régulier la laisse de côté, car ses révisions de bénéfices sont neutres et il exige qu’elles soient haussières. Le suivi complet est sur la page Portefeuille.
Mon avis
Amadeus est le genre d’infrastructure invisible que j’apprécie : indispensable à ses clients, très difficile à remplacer, rentable et peu gourmande en capital. Le recul des réservations en agence est réel, mais l’entreprise s’est diversifiée vers des activités qui grandissent plus vite.
À 14 fois les bénéfices, le marché me semble trop pessimiste pour une entreprise qui gagne encore de l’argent sur presque chaque billet d’avion vendu dans le monde. Je garde la ligne avec confiance, en surveillant de près la distribution directe.
Trois signaux me feraient changer d’avis :
- une baisse des réservations aériennes au-delà de 10 % sur un an, hors effet de crise ;
- la perte d’une grande compagnie cliente d’Altéa ;
- une note qualité qui passe sous 8/12 ou des révisions de bénéfices qui virent au rouge : dans mes portefeuilles, chacun de ces signaux déclenche automatiquement la vente.
Fiche à visée éducative, qui ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une recommandation d’achat ou de vente. Sources : communiqués et rapports semestriels d’Amadeus, données de marché du 14 octobre 2026, presse financière. Les portefeuilles cités sont simulés, à capital fictif. Investir en actions comporte un risque de perte en capital.
