Ma méthode

Trouver de grandes entreprises.
Attendre le bon prix.
Filtrer les faux signaux.

Les trois piliers de la méthode

Je me méfie des méthodes qui reposent sur un seul indicateur. Une action ne devient une conviction chez moi que lorsqu’elle valide trois filtres indépendants. Chacun apporte une information que les autres ratent.

01
Qualité
L’entreprise a-t-elle les caractéristiques d’un vrai compounder ? Rentabilité élevée, marges solides, croissance régulière, cash abondant.
02
Point d’entrée
Le cours traverse-t-il une période de faiblesse suffisamment intéressante pour offrir une marge de sécurité ?
03
Tendance fondamentale
Cette faiblesse est-elle temporaire, ou le signe d’une vraie détérioration du business ? La question qui change tout.
Ma règle absolue : ne jamais payer n’importe quel prix, même pour une entreprise exceptionnelle.

Pilier 1 : identifier les entreprises de qualité

Un vrai compounder, pour moi, c’est une entreprise qui coche cinq cases en même temps : forte rentabilité du capital, marges élevées, croissance durable du chiffre d’affaires et du cash, et discipline dans ses investissements.

Chaque entreprise de mon univers reçoit un score qualité sur 12 points, réparti ainsi :

Critère Points
ROCE (rentabilité du capital employé)/2
ROE (rentabilité des fonds propres)/2
Marges brute, opérationnelle et nette, discipline CAPEX/4
Croissance du chiffre d’affaires/2
Croissance du free cash-flow/2
Total/12

Comment je lis le score

10 – 12
Très haute qualité
Compounder prioritaire, focus principal de mon portefeuille.
8 – 9
Qualité confirmée
Coche la majorité de mes critères. C’est le seuil minimum pour apparaître dans mes signaux.
7
Qualité acceptable
Je la garde à l’œil, mais elle reste sous mon seuil d’investissement.
< 7
Hors univers
L’entreprise sort de mon radar.

🎁 J’ai mis toute ma méthode dans un PDF gratuit

21 pages où je détaille tout :

  • ✅ Le détail précis des 5 catégories du score /12
  • ✅ Les seuils exacts pour chaque indicateur
  • ✅ Deux exemples d’analyses concrètes
  • ✅ Les 4 erreurs classiques que j’ai faites (et que tu peux éviter)
📥 Télécharger le PDF gratuit

Pilier 2 : profiter des périodes de faiblesse

Une excellente entreprise achetée au mauvais moment peut décevoir pendant des années. Microsoft en est l’exemple parfait. En 2000, l’entreprise était déjà exceptionnelle, mais son action se payait autour de 60 fois les bénéfices. Ceux qui l’ont achetée au sommet ont attendu plus de quinze ans pour retrouver leur mise.

C’est pour ça que j’attends qu’une entreprise déjà validée sur la qualité traverse une phase de correction. Pour ça, j’utilise le RSI hebdomadaire sur 14 périodes (méthode Wilder), complété par la moyenne mobile 200 jours (40 semaines) qui me situe la tendance de fond. Cette moyenne sert de repère dans mes analyses, mais elle n’entre dans aucun filtre.

🔥 Correction importante
RSI < 35
La zone que je préfère : une belle qualité en solde.
✅ Zone favorable
RSI 35 – 45
Contexte intéressant, je surveille de près.
⚪ Zone neutre
RSI 45 – 60
Rien de particulier côté momentum.
⚠️ Surchauffe
RSI > 70
J’attends. Toujours.
Mon objectif : étudier un compounder après une correction, plutôt qu’après une phase d’euphorie.

Pilier 3 : éviter les value traps

C’est le pilier le plus souvent oublié, et pourtant celui qui m’a sauvé le plus de fois. Un cours qui chute peut sembler être une opportunité alors que c’est un piège.

Une entreprise peut chuter parce que ses ventes ralentissent, ses marges se dégradent, ou parce que les analystes revoient leurs prévisions à la baisse. Dans ce cas, le marché a raison de la sanctionner, et je préfère passer mon tour.

Pour filtrer ces pièges, je surveille l’évolution des bénéfices attendus par les analystes : de combien le bénéfice par action prévu pour l’exercice en cours et pour le suivant a bougé en trois mois, et dans quel sens vont les révisions du dernier mois. Un bénéfice attendu qui baisse prévient d’une dégradation avant que le cours ne la raconte. J’en tire une pastille :

🟢
Bénéfices attendus en hausse
Les prévisions de bénéfices montent, je garde le signal en priorité.
🟡
Bénéfices attendus stables
Je peux garder le signal, avec vigilance.
🔴
Bénéfices attendus en baisse
J’écarte le signal : value trap probable.

La pastille passe au rouge quand le bénéfice attendu a reculé d’au moins 5 % en trois mois, ou quand au moins 80 % des révisions récentes vont à la baisse. Elle est verte quand il progresse d’au moins 1 % avec plus de hausses que de baisses. Entre les deux, elle reste jaune. Les variations supérieures à 50 % sont écartées, car elles viennent presque toujours d’un changement d’exercice ou d’un élément exceptionnel.

Je veux acheter une baisse de cours, sans détérioration de la qualité de l’entreprise.

Attendre le bon prix

La qualité et le point d’entrée ne me suffisent pas. Avant d’investir, je vérifie que le prix offre un potentiel réellement attractif.

Mon estimation du prix juste

Je calcule mon prix juste à partir des bénéfices attendus, d’un multiple cible, et d’une marge de sécurité, les deux étant ajustés selon la qualité :

Prix juste = Forward EPS × PE cible × Marge de sécurité
Score qualité PE cible Marge de sécurité
12 / 1230x-10 %
10 – 11 / 1225x-10 %
8 – 9 / 1220x-15 %
7 / 1215x-20 %

Le raisonnement : plus une entreprise est solide, plus j’accepte de la payer cher, et moins j’exige de marge de sécurité. À l’inverse, une qualité moyenne me demande une plus grosse remise pour compenser le risque.

La décote : mon indicateur clé au quotidien

Une fois mon prix juste calculé, je regarde combien le prix actuel se situe en dessous. C’est la décote :

Décote = (Prix actuel − Prix juste) ÷ Prix juste × 100

Une décote de -30 % me dit que l’action trade actuellement 30 % en dessous de mon prix juste. Autrement dit, il faudrait +43 % de hausse pour atteindre ma cible.

C’est un fait mathématique, une photographie de la marge de sécurité disponible. Je préfère ça aux projections de rendement, qui restent des paris.

Même la meilleure entreprise du monde peut devenir un mauvais investissement si je la paie trop cher.

Le PEG (croissance attendue à 1 an)

Le PEG compare le prix d’une action à la croissance de ses bénéfices. Je le calcule ainsi : le PER sur les bénéfices attendus l’an prochain, divisé par la croissance attendue de ces bénéfices (consensus des analystes). Un PEG autour de 1 ou en dessous signale une croissance qu’on ne paie pas trop cher.

Pour éviter les chiffres trompeurs, la croissance retenue est plafonnée à 30 %, et une hausse ponctuelle due à un élément exceptionnel n’est pas comptée. Quand les analystes attendent des bénéfices stables ou en baisse, le PEG n’a pas de sens : il s’affiche « n.s. ».

Ma configuration idéale

C’est quand ces quatre éléments s’alignent que j’ai une vraie conviction.

01
Qualité
Score ≥ 10/12
02
Correction
RSI < 35
03
Fondamentaux
Révisions haussières
04
Valorisation
Décote ≥ 20 %

Ce type d’alignement reste rare, et c’est voulu. Le but est d’attendre patiemment, puis d’agir quand plusieurs éléments favorables se présentent en même temps.

Mes deux portefeuilles : le Régulier et le PEA

J’ai donc lancé un challenge : un portefeuille public suivi semaine après semaine, où j’applique mes propres règles.

Deux portefeuilles, une même méthode. Je fais vivre deux DCA fictifs, avec 1 000 € investis chaque vendredi. Le Régulier achète le titre mondial le mieux classé, sans chercher le bon moment. Le PEA applique la méthode aux seules entreprises éligibles au PEA notées au moins 9/12 : il avance par cycles, achète chaque titre une fois par cycle en commençant par les plus décotés, et laisse passer son tour à un titre coté plus de 20 % au-dessus de son prix juste. Le but est de montrer, en conditions réelles, ce que donne la méthode pour un investisseur mondial comme pour un épargnant qui investit dans son PEA.

Chaque semaine, les candidats (note d’au moins 10/12, révisions de bénéfices haussières, décote d’au moins 20 %) sont classés par décote (au-delà de 40 %, toutes les décotes se valent), puis par révisions des analystes, puis par qualité. Les titres dont les bénéfices sont attendus stables ou en baisse l’an prochain passent en dernier, derrière tous les autres candidats. Les deux portefeuilles vendent une ligne quand sa note passe sous 8/12 ou quand ses révisions de bénéfices virent au rouge. Chaque semaine, le Régulier est comparé à un ETF MSCI World et le PEA au Stoxx Europe 600 et au CAC 40, achetés aux mêmes dates et pour les mêmes montants.

1 000 €
investis chaque vendredi
≥ 20 %
décote minimale recherchée
15 %
au-delà, plus de renforcement
Cash
si aucun signal validé

Ma discipline de sortie

Je vends une position dans deux cas, et un seul suffit. Le premier : son score qualité tombe sous 8/12, signe que ses fondamentaux se sont détériorés. Le second : sa pastille de révisions passe au rouge, parce que les analystes abaissent nettement leurs prévisions de bénéfices. Tant qu’aucun de ces signaux n’apparaît, je conserve la position, même si son cours dépasse largement mon prix juste. C’est en laissant courir ses gagnants qu’un portefeuille de compounders fait son travail.

En pratique

Chaque samedi, mon algorithme passe au crible plus de 1 200 entreprises mondiales et calcule leur score qualité. Puis chaque soir de semaine, il réexamine les quelque 400 entreprises retenues (RSI, révisions, valorisation, décote) et publie les configurations validées sur mon Discord, sans intervention manuelle de ma part.

Trois commandes essentielles sur Discord

!analyse AAPL
Analyse complète d’une action : score qualité, RSI, valorisation, décote, révisions.
!convictions
La liste des convictions du moment satisfaisant mes 4 critères.
!dca
État complet du portefeuille DCA : positions, performance, alpha vs MSCI World.

Pourquoi une méthode systématique

Après dix ans à essayer des approches différentes, j’ai fini par comprendre que mes pires décisions venaient toujours de mon intuition. Voici ce qui m’a fait basculer vers le systématique :

01
Systématique
J’applique les mêmes critères à toutes les entreprises. Zéro exception, zéro coup de cœur.
02
Reproductible
Mes règles et seuils sont fixés à l’avance. Impossible de les tordre après coup pour me rassurer.
03
Patiente
J’utilise plusieurs années de données minimum. Pour un compounder, un trimestre isolé ne veut rien dire.
04
Multi-facteurs
Qualité, valorisation, momentum et fondamentaux ensemble. Un seul indicateur miracle, ça n’existe pas.
05
Sélective
Je préfère rater une opportunité plutôt que d’assouplir mes règles pour justifier un achat. Mon plus dur combat.

Voir la méthode en action

Rejoins gratuitement la bêta Compounders.fr et retrouve le screening automatique, les convictions du jour, les analyses à la demande et le suivi complet du portefeuille public.

Rejoindre la communauté Télécharger la méthodologie
⚖️ Une méthode, pas une promesse de rendement.

Compounders.fr est un projet personnel de recherche et d’analyse financière. Les scores, analyses, valorisations et signaux que je publie sont fournis à titre informatif et éducatif. Ils ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé.

Investir en actions comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Fais tes propres recherches, et consulte un professionnel agréé pour toute décision qui engage ton patrimoine.
Défiler vers le haut