Trouver de grandes entreprises.
Attendre le bon prix.
Filtrer les faux signaux.
Les trois piliers de la méthode
Je me méfie des méthodes qui reposent sur un seul indicateur. Une action ne devient une conviction chez moi que lorsqu’elle valide trois filtres indépendants. Chacun apporte une information que les autres ratent.
Pilier 1 : identifier les entreprises de qualité
Un vrai compounder, pour moi, c’est une entreprise qui coche cinq cases en même temps : forte rentabilité du capital, marges élevées, croissance durable du chiffre d’affaires et du cash, et discipline dans ses investissements.
Chaque entreprise de mon univers reçoit un score qualité sur 12 points, réparti ainsi :
| Critère | Points |
|---|---|
| ROCE (rentabilité du capital employé) | /2 |
| ROE (rentabilité des fonds propres) | /2 |
| Marges brute, opérationnelle et nette, discipline CAPEX | /4 |
| Croissance du chiffre d’affaires | /2 |
| Croissance du free cash-flow | /2 |
| Total | /12 |
Comment je lis le score
🎁 J’ai mis toute ma méthode dans un PDF gratuit
21 pages où je détaille tout :
- ✅ Le détail précis des 5 catégories du score /12
- ✅ Les seuils exacts pour chaque indicateur
- ✅ Deux exemples d’analyses concrètes
- ✅ Les 4 erreurs classiques que j’ai faites (et que tu peux éviter)
Pilier 2 : profiter des périodes de faiblesse
Une excellente entreprise achetée au mauvais moment peut décevoir pendant des années. Microsoft en est l’exemple parfait. En 2000, l’entreprise était déjà exceptionnelle, mais son action se payait autour de 60 fois les bénéfices. Ceux qui l’ont achetée au sommet ont attendu plus de quinze ans pour retrouver leur mise.
C’est pour ça que j’attends qu’une entreprise déjà validée sur la qualité traverse une phase de correction. Pour ça, j’utilise le RSI hebdomadaire sur 14 périodes (méthode Wilder), complété par la moyenne mobile 200 jours (40 semaines) qui me situe la tendance de fond. Cette moyenne sert de repère dans mes analyses, mais elle n’entre dans aucun filtre.
Pilier 3 : éviter les value traps
C’est le pilier le plus souvent oublié, et pourtant celui qui m’a sauvé le plus de fois. Un cours qui chute peut sembler être une opportunité alors que c’est un piège.
Une entreprise peut chuter parce que ses ventes ralentissent, ses marges se dégradent, ou parce que les analystes revoient leurs prévisions à la baisse. Dans ce cas, le marché a raison de la sanctionner, et je préfère passer mon tour.
Pour filtrer ces pièges, je surveille l’évolution des bénéfices attendus par les analystes : de combien le bénéfice par action prévu pour l’exercice en cours et pour le suivant a bougé en trois mois, et dans quel sens vont les révisions du dernier mois. Un bénéfice attendu qui baisse prévient d’une dégradation avant que le cours ne la raconte. J’en tire une pastille :
La pastille passe au rouge quand le bénéfice attendu a reculé d’au moins 5 % en trois mois, ou quand au moins 80 % des révisions récentes vont à la baisse. Elle est verte quand il progresse d’au moins 1 % avec plus de hausses que de baisses. Entre les deux, elle reste jaune. Les variations supérieures à 50 % sont écartées, car elles viennent presque toujours d’un changement d’exercice ou d’un élément exceptionnel.
Attendre le bon prix
La qualité et le point d’entrée ne me suffisent pas. Avant d’investir, je vérifie que le prix offre un potentiel réellement attractif.
Mon estimation du prix juste
Je calcule mon prix juste à partir des bénéfices attendus, d’un multiple cible, et d’une marge de sécurité, les deux étant ajustés selon la qualité :
| Score qualité | PE cible | Marge de sécurité |
|---|---|---|
| 12 / 12 | 30x | -10 % |
| 10 – 11 / 12 | 25x | -10 % |
| 8 – 9 / 12 | 20x | -15 % |
| 7 / 12 | 15x | -20 % |
Le raisonnement : plus une entreprise est solide, plus j’accepte de la payer cher, et moins j’exige de marge de sécurité. À l’inverse, une qualité moyenne me demande une plus grosse remise pour compenser le risque.
La décote : mon indicateur clé au quotidien
Une fois mon prix juste calculé, je regarde combien le prix actuel se situe en dessous. C’est la décote :
Une décote de -30 % me dit que l’action trade actuellement 30 % en dessous de mon prix juste. Autrement dit, il faudrait +43 % de hausse pour atteindre ma cible.
C’est un fait mathématique, une photographie de la marge de sécurité disponible. Je préfère ça aux projections de rendement, qui restent des paris.
Le PEG (croissance attendue à 1 an)
Le PEG compare le prix d’une action à la croissance de ses bénéfices. Je le calcule ainsi : le PER sur les bénéfices attendus l’an prochain, divisé par la croissance attendue de ces bénéfices (consensus des analystes). Un PEG autour de 1 ou en dessous signale une croissance qu’on ne paie pas trop cher.
Pour éviter les chiffres trompeurs, la croissance retenue est plafonnée à 30 %, et une hausse ponctuelle due à un élément exceptionnel n’est pas comptée. Quand les analystes attendent des bénéfices stables ou en baisse, le PEG n’a pas de sens : il s’affiche « n.s. ».
Ma configuration idéale
C’est quand ces quatre éléments s’alignent que j’ai une vraie conviction.
Ce type d’alignement reste rare, et c’est voulu. Le but est d’attendre patiemment, puis d’agir quand plusieurs éléments favorables se présentent en même temps.
Mes deux portefeuilles : le Régulier et le PEA
J’ai donc lancé un challenge : un portefeuille public suivi semaine après semaine, où j’applique mes propres règles.
Deux portefeuilles, une même méthode. Je fais vivre deux DCA fictifs, avec 1 000 € investis chaque vendredi. Le Régulier achète le titre mondial le mieux classé, sans chercher le bon moment. Le PEA applique la méthode aux seules entreprises éligibles au PEA notées au moins 9/12 : il avance par cycles, achète chaque titre une fois par cycle en commençant par les plus décotés, et laisse passer son tour à un titre coté plus de 20 % au-dessus de son prix juste. Le but est de montrer, en conditions réelles, ce que donne la méthode pour un investisseur mondial comme pour un épargnant qui investit dans son PEA.
Chaque semaine, les candidats (note d’au moins 10/12, révisions de bénéfices haussières, décote d’au moins 20 %) sont classés par décote (au-delà de 40 %, toutes les décotes se valent), puis par révisions des analystes, puis par qualité. Les titres dont les bénéfices sont attendus stables ou en baisse l’an prochain passent en dernier, derrière tous les autres candidats. Les deux portefeuilles vendent une ligne quand sa note passe sous 8/12 ou quand ses révisions de bénéfices virent au rouge. Chaque semaine, le Régulier est comparé à un ETF MSCI World et le PEA au Stoxx Europe 600 et au CAC 40, achetés aux mêmes dates et pour les mêmes montants.
Ma discipline de sortie
Je vends une position dans deux cas, et un seul suffit. Le premier : son score qualité tombe sous 8/12, signe que ses fondamentaux se sont détériorés. Le second : sa pastille de révisions passe au rouge, parce que les analystes abaissent nettement leurs prévisions de bénéfices. Tant qu’aucun de ces signaux n’apparaît, je conserve la position, même si son cours dépasse largement mon prix juste. C’est en laissant courir ses gagnants qu’un portefeuille de compounders fait son travail.
En pratique
Chaque samedi, mon algorithme passe au crible plus de 1 200 entreprises mondiales et calcule leur score qualité. Puis chaque soir de semaine, il réexamine les quelque 400 entreprises retenues (RSI, révisions, valorisation, décote) et publie les configurations validées sur mon Discord, sans intervention manuelle de ma part.
Trois commandes essentielles sur Discord
Pourquoi une méthode systématique
Après dix ans à essayer des approches différentes, j’ai fini par comprendre que mes pires décisions venaient toujours de mon intuition. Voici ce qui m’a fait basculer vers le systématique :
Voir la méthode en action
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