Quand tu achètes un yaourt, un poisson frais ou une pizza surgelée, il y a de bonnes chances qu’il soit passé par un entrepôt ou un camion STEF. Le groupe est le leader européen du transport et de la logistique des produits alimentaires sous température contrôlée, avec 5,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
STEF obtient 3/12 dans mon screener. Une note basse pour une entreprise pourtant incontournable dans son métier : le froid alimentaire est une activité à marges fines, qui demande beaucoup d’entrepôts et de camions. Voyons ce que ça implique pour l’action STEF.
Action STEF : l’essentiel en un coup d’œil
| Code | STF (Euronext Paris) |
| Activité | Transport et logistique de produits alimentaires frais, surgelés et secs |
| Chiffre d’affaires | 5,1 milliards € en 2025 (+6,6 %) |
| Capitalisation | environ 1,5 milliard € |
| Note qualité Compounders | 3/12 |
| Cours | 118,20 € (22/10/2026) |
| Prix juste (ma méthode) | 167 € |
| PER sur les bénéfices attendus | environ 8,5 |
| Rendement du dividende | environ 2,3 % |
| Révisions des analystes | 🟢 haussières |
Un siècle de froid, du rail à la route
L’histoire commence en 1920, quand la compagnie de chemin de fer PLM (Paris, Lyon, Marseille) crée sa propre filiale de transport frigorifique. En 1938, la société devient une filiale de la SNCF, avec 5 entrepôts et 600 wagons. Elle se rapproche ensuite de TFE, un réseau de transport routier frigorifique né en 1964.
Le tournant arrive en 1993 : le groupe est privatisé et repris par ses salariés. Il s’appelle STEF-TFE à partir de 1996, puis retrouve le nom STEF en 2012.
Comment STEF gagne de l’argent
| Année 2025 | Chiffre d’affaires | Résultat opérationnel (marge) |
|---|---|---|
| STEF France | 2 458,6 M€ (+2,5 %) | 146,6 M€ (6,0 %) |
| STEF International | 1 973,6 M€ (+9,7 %) | 23,4 M€ (1,2 %) |
| Autres activités | 687,4 M€ (+13,7 %) | 3,0 M€ (0,4 %) |
| Total | 5 119,5 M€ (+6,6 %) | 173,0 M€ (3,4 %) |
STEF transporte et stocke pour le compte des industriels de l’agroalimentaire, de la grande distribution et de la restauration hors domicile. Son atout, c’est la densité de son réseau : en regroupant dans un même camion les palettes de plusieurs clients, le groupe remplit mieux ses véhicules et livre des volumes que peu de concurrents peuvent absorber. Un tel maillage d’entrepôts frigorifiques prend des décennies à construire.
La France reste le cœur rentable du groupe, avec une marge opérationnelle de 6 %. L’international, qui représente désormais 45 % du chiffre d’affaires hors ventes de marchandises, a beaucoup grandi par acquisitions (Belgique, Pays-Bas, Écosse, Espagne, Suisse). En 2025, sa rentabilité a été plombée par une régularisation exceptionnelle de TVA en Italie de 29,4 M€ et par des intégrations plus difficiles que prévu aux Pays-Bas et en Belgique.
Pourquoi la note est de 3/12
Le modèle de STEF coche peu de cases de mon score qualité, et c’est logique pour un logisticien.
| Critère | STEF | Points |
|---|---|---|
| ROCE (médiane 4 ans) | 11,6 % (7,1 % en 2025) | 0,5/2 |
| ROE (médiane 4 ans) | 13,2 % (6,4 % en 2025) | 0,5/2 |
| Marges brute, opérationnelle et nette (médianes) | 7,3 %, 5,2 % et 3,4 % | 1/4 |
| Investissements en % du chiffre d’affaires | 6,7 % | inclus ci-dessus |
| Croissance du chiffre d’affaires (médiane) | 6,8 % par an | 1/2 |
| Croissance du cash-flow libre | négative | 0/2 |

Le point clé, c’est le cash. Pour suivre la croissance, STEF investit chaque année des sommes considérables dans de nouveaux entrepôts : 371,5 M€ en 2025 et 447,4 M€ en 2024. Résultat, le cash-flow libre est négatif deux années de suite (-66,7 M€ en 2025, -50,1 M€ en 2024) et l’endettement net monte à 1 533 M€, soit 1,17 fois les capitaux propres. Le bénéfice net 2025 a en plus été divisé par deux, à 84,3 M€, sous l’effet des éléments exceptionnels et de la surtaxe d’impôt en France.
Combien vaut l’action
Le prix juste selon ma méthode
Avec une note de 3/12, mon prix juste applique 12 fois les bénéfices attendus pour 2027 (13,93 € par action selon le consensus). Résultat : 167 €, pour un cours de 118,20 € le 22 octobre 2026. Le PER sur les bénéfices attendus, autour de 8,5, est très bas. Il suppose que les bénéfices repartent fortement après une année 2025 chargée en éléments exceptionnels : les analystes attendent un bénéfice par action de 12,05 € en 2026, contre 6,68 € en 2025.
Attention à la portée de ce consensus : seuls 2 à 3 analystes suivent le titre. Leurs prévisions ont été relevées de 10,5 % sur 90 jours pour 2026, ce qui est encourageant, mais un petit nombre d’avis peut se tromper ensemble.
Trois scénarios à l’horizon fin 2028
Le point de départ est le bénéfice attendu par les analystes pour 2027, environ 13,90 € par action.
| Scénario | Hypothèses | BPA 2028 | PER | Cours | Potentiel |
|---|---|---|---|---|---|
| Pessimiste | Les intégrations à l’étranger traînent, les marges restent au niveau de 2025. | 11 € | 10 | 110 € | -7 % |
| Central | La rentabilité de l’international se redresse progressivement, croissance de 4 à 5 % par an. | 14,50 € | 10 | 145 € | +23 % |
| Optimiste | Marge opérationnelle revenue vers 5 %, le cash-flow libre redevient positif. | 16,50 € | 12 | 198 € | +68 % |
Le dividende, 2,70 € par action au titre de 2025, s’ajoute à ces potentiels.
Derniers résultats : juillet à septembre 2026
Publiés le 22 octobre 2026 (chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026).
| Montant | Évolution sur un an | |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 1 454,7 M€ | +12,0 % (+10,4 % à données comparables) |
| STEF France | 678,8 M€ | +8,8 % |
| STEF International | 589,9 M€ | +17,7 % (+13,5 % à données comparables) |
| Autres activités | 186,0 M€ | +7,2 % |
Le trimestre prolonge la dynamique du printemps. En France, les flux de produits frais résistent dans un marché stable et l’activité de produits secs accélère grâce à un nouveau site en Centre-Val de Loire. À l’international, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal et l’Italie progressent tous, et la société suisse Christian Cavegn, rachetée fin septembre 2025, ajoute 19,5 M€.
Le communiqué ne donne que le chiffre d’affaires : le vrai test sera la marge de l’international, que STEF publiera avec ses résultats annuels.
Prochaine publication : chiffre d’affaires du quatrième trimestre, le 28 janvier 2027. Cette section sera mise à jour.
STEF dans mes portefeuilles
STEF est absente de mes deux portefeuilles simulés. Avec 3/12, elle reste loin des critères de qualité qui guident leurs achats. Le suivi complet est sur la page Portefeuille.
Mon avis
STEF est une très belle entreprise dans son métier : un leader européen, un réseau difficile à reproduire et un historique de croissance régulier. Ma méthode la classe pourtant loin des compounders, parce que le froid alimentaire immobilise énormément de capital pour des marges de quelques pourcents.
Je la regarde plutôt comme une valeur décotée en phase de redressement : un PER sous 10 si les bénéfices repartent comme prévu, avec une nouvelle direction opérationnelle depuis mai 2026 et un plan stratégique 2027-2031 en préparation. C’est un pari sur la remise à niveau de l’international, avec ses incertitudes.
Trois signaux me feraient changer d’avis :
- une marge opérationnelle de l’international qui reste proche de 1 % en 2026 ;
- un cash-flow libre encore négatif en 2026 malgré la baisse des investissements ;
- un endettement net qui continue de monter plus vite que les capitaux propres.
Fiche à visée éducative, qui ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une recommandation d’achat ou de vente. Transparence : je détiens des actions STEF à titre personnel. Sources : chiffre d’affaires du 3e trimestre 2026 de STEF, résultats annuels 2025 de STEF, histoire du groupe (stef.com), comptes annuels et consensus Yahoo Finance, données de marché du 22 octobre 2026. Les portefeuilles cités sont simulés, à capital fictif. Investir en actions comporte un risque de perte en capital.
